Balle Jaune

juin 5, 2010

Rafraichissant !

Filed under: Actualité — gegeetcris @ 7:40

Quel triomphe ! En ce samedi printanier, sous un soleil de plomb et devant une assistance bien garnie, finale oblige, Francesca Schiavone a remporté Roland-Garros, en dominant  Samantha Stosur, en deux sets bien ficelés, 6-4 7-6(2). L’Italienne remporte là le premier titre du Grand Chelem de sa carrière, devenant du même coup la première transalpine à soulever la coupe Porte d’Auteuil. Plus que l’aspect historique de ce succès, c’est la manière avec laquelle la droitière au tempérament affirmé a franchi les sept marches qui la séparait, en début de quinzaine, du sacre qui a de quoi séduire.

Le tennis féminin est régulièrement la cible de nombreuses critiques, plus ou moins justifiées. Si celles qui visent à dévaloriser les performances des joueuses car étant précisément de sexe féminin ne méritent pas notre approbation, celle qui consiste à mettre le doigt sur la tendance à l’uniformisation des styles de jeu développés par les principales actrices de ce sport est légitime. Depuis une quinzaine d’année, la tendance au sein du circuit WTA est à la puissance, aux grandes frappes du fond de court toutes uniformes, au détriment de la variation des trajectoires, des effets, etc. In fine, la science du jeu ne prévaut plus, galvaudée par l’écrasante suprématie de la puissance. Une évolution qui a rendu nombre des grands évènements du tennis féminin soporifiques au possible, car aux déroulements trop souvent semblables !

On ne remerciera ainsi jamais trop assez les Amélie Mauresmo, Justine Henin, Martina Hingis et certaines autres “grandes” de nous avoir, avec parcimonie, arraché de notre léthargie, en proposant des parties pleines de variations, de science tactique, et donc, de talent !

Ce samedi après-midi, le triomphe de Schiavone à Roland-Garros marque clairement une rupture avec ceux décrochés par des joueuses “boum-boum”. Pourquoi ? Il suffit d’analyser, décrypter, le jeu de l’Italienne pour trouver la réponse. Et quoi de mieux que de se pencher sur sa prestation XXL réalisée en finale, face à l’archi-favorite Stosur (qui avait éliminé successivement Henin, Serena Williams et Jankovic en 1/8, 1/4 et 1/2). Tout au long de la rencontre, la joueuse culminant à 1m63 a fait parler son jeu de droitière fait de variations de trajectoires et d’effets. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a fait mouche ! Jugez plutôt: Jamais, Stosur n’a semblé pouvoir prendre la mesure des revers à une main (quelle merveille !) courts croisées de son adversaire, de ses montées à contre-temps mûrement réfléchies et parfaitement exécutées, ainsi que de sa première balle sans cesse variée. Une palette de coups conséquente et fournie chez la 17e mondiale, qui sera 6e au prochain classement (le meilleur rang de sa carrière), qui a fait la différence face à une opposante au jeu stéréotypée – gros service, gros coup droit, mais la jugeotte ?

Il convient cependant de préciser que nous ne sommes en aucune façon béat d’admiration à l’égard de l’expérimentée Schiavone (elle aura 30 ans dans quelques jours). Son jeu, techniquement parlant, n’a rien d’extraordinaire. Certes. Mais c’est l’utilisation de ses possibilités techniques, et la façon dont elle les optimisent, pour aboutir à un jeu plus que complet et réfléchi, qui mérite de recevoir nos honneurs ! C’est désormais chose faite ! Le tennis féminin ferait bien de s’en inspirer !

Gege

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